Tom
Mutti
Svea
Autre
* *
*
La nuit fut courte, comme toutes les nuits qui précédent un grand voyage.
Ne croyez pas que nous sommes riches ou aisés, non. Simplement, nous vivons avec le minimum vital, sans être matérialistes ou superficiels.
Et lorsque nous franchissons pour plusieurs jours les frontières de notre ville bien aimée, ce n'est pas pour aller dans un hôtel quatre étoiles où l'on se fait masser les orteils.
-Tom ! Tu as exactement trois minutes pour te lever, te brosser les dents, te nettoyer le visage et ramener ton p'tit cul dans la cuisine autrement, je ne donne pas cher de ta vie !
Ma mutti au réveil n'est jamais des plus douces, alors je m'exécutais et filais tout d'abord au toilette avant d'aller me brosser les dents et de la rejoindre à la cuisine.
Pour toutes valises, nous avions deux sacs à dos. Pour partir quelques jours, cela suffisait entièrement.
Mais sûrement que vous vous demandez ce que nous partons faire si ce n'est pas les touristes.
Patience, patience.
- Bonjour mutti... Prête ?-Evidement, ça fait deux heures que je suis levée à attendre que sa majesté se réveille. Hep, hep ! Qu'est ce que tu fais? Me demanda-t-elle alors que je me dirigeais vers le frigo.
-Bah je vais me concoctais un festin..Elle secoua la tête et me montra l'horloge du doigt. Il était sept heures et demi et je compris alors qu'il fallait partir de suite pour ne pas encourir le risque de louper l'avion.
En quelques minutes, nous chargions la voiture, fermions l'appartement et nous prenions l'autoroute.
Allais-je trouver ? Allais-je enfin cesser d'avoir ces crises ?
- Tu sais mutti, je crois que jamais je n'y arriverais. Je suis condamné à supporter ça toute ma vie.- Oui je sais, et tu finiras dépressif, psychopathe et suicidaire, non ?-c'est une possibilité... Combien d'échec avons-nous essuyé ?- Pas assez mon c½ur. Depuis combien de temps cherchons-nous ? Deux ans ? Je trouve que l'on a beaucoup progressé depuis deux ans, non ?Oui, en deux ans, j'avais appris à contrôler mes crises, appris à différencier ce qui m'appartenait et ce qui ne m'appartenait pas.
[Flash back]
- Tom, pouvez vous me dire en quelle année...
-Non je ne peux pas vous le dire !-Laissez moi finir la question voyons.
-Mais je m'en fou de ces trucs, foutez-moi la paix !-Mr Kaulitz, parlez-moi autrement !
Comment ? Alors qu'une colère noire envahissait mon c½ur, qu'elle me donnait envie de frapper ma voisine de table, d'envoyer ma trousse dans la tête du prof et de partir loin d'ici. Loin.
-Et pourquoi ? Pourquoi devrais-je le faire ?J'étais enfermé dans cette foutue salle de cours a étudié l'histoire de l'Europe et de la crise européenne. Mais là, c'était moi qui étais en état de crise, mon c½ur se faisait broyer par une colère outrageuse, venu de je-ne-sais-où.
Le prof s'insurgeait. Mes larmes menaçaient encore de couler. Je ne comprenais jamais pourquoi d'autres sentiments que les miens se mêlaient à ma vie, me donnaient l'envie de tout démolir ou de sauter de joie. Mais là, je voulais partir, fuir d'ici, fuir loin de tout ça.. Mais tout ça quoi ? l'école ne me déplaisait pas et j'aimais ce prof alors pourquoi je voudrais fuir ?
Ce n'était pas moi. Non, c'était quelqu'un d'autre qui voulait fuir... Quelqu'un d'autre qui était triste.
Parce que je savais que derrière cette colère se cachait une tristesse immense. Il voulait fuir.
-Sortez immédiatement Tom !
Alors que je me levais pour quitter la salle sans pouvoir m'expliquer, car dans ses instants de crises, ce n'est pas moi qui commande, c'est lui, une voix s'interposa.
-S'il vous plait Monsieur Dracken, laissez-le, ce n'est pas vraiment lui. Alors je regardais Svea, ma voisine de table, et lui offrais mon plus grand sourire. Comment ? Je l'ignorais. D'ordinaire, mon corps ne répondait pas aussi facilement, surtout pour agir à l'opposer des sentiments qui m'envahissent.
- Asseyez-vous Kaulitz. Je vous verrais vous et Svea à la fin de ce cours. Reprenons.
[Fin flash back]
Est-ce que vous comprenez ce qui m'arrive? Je vais m'expliquer un peu mieux, peut être que vous avez déjà vécu cela ? Que vous savez ce qui m'arrive ?
A n'importe quel moment de la journée, je peux ressentir des sentiments qui ne sont pas les miens. Mais pas ceux de n'importe qui, c'est toujours la même personne.
Et je suis certain qu'elle ressent la même chose que moi.
Quand elle est en colère, mais pas une petite colère passagère, non quelque chose de beaucoup plus important, alors je suis en colère.
Quand elle est heureuse, vraiment heureuse, alors je deviens heureux.
Et ça, avec n'importe quel sentiment, la tristesse, la peur, mais aussi la joie ou l'euphorie.
Ces sentiments m'envahissent depuis que je suis bambin, je le sais même si je ne peux pas dire que je m'en souviens.
Je sais simplement que je n'ai jamais eu l'impression d'être seul, alors est ce que je souffre de schizophrénie ? Non car je suis aller voir de nombreux médecins. C'est autre chose.
Quoi ? Je n'en sais strictement rien.
Je partage ma vie avec quelqu'un d'autre et lui partage la mienne, voilà tout. J'ai décrété que c'était un garçon, car je ne veux pas que mes sentiments soient partagés avec une fille.
Hey ! Virez-vous de la tête de que je suis homosexuel, non. Je suis hétérosexuel mais si je dois partager des sentiments avec une fille, ce ne sera pas une autre que Svea.
Enlevez-vous aussi de la tête que je suis amoureux d'elle, c'est simplement ma plus grande amie.
- Tom, allez secoue toi on arrive.
La voiture et moi... c'est une longue histoire de berceuse. Je dégrafais ma ceinture, rangeais Jakob dans ma poche et sortez de la voiture.
Elle aussi, elle a son petit nom, c'est ma mère qui l'a choisit d'ailleurs, elle s'appelle « Wilhelmine ».
Vous trouvez ça ridicule qu'on renomme tous les objets avec des noms ? Tant pis, moi j'adore !
L'aéroport, c'est l'endroit après l'école et la maison où je passe le plus de temps, et ce n'est pas peu dire !
Je le connais presque par c½ur tellement j'y suis allé. D'ailleurs, il y a autre chose que je connais par c½ur.
- Je m'occupe des billets mutti !-Ok, file, et Tom... Que je t'y...Je ne la laissais pas finir et filais. Qu'allait-t-elle me dire ? Ah, ça, si vous saviez !
Je pris la file pour faire valider nos papiers juste avant le départ. Il n'y avait que deux personnes devant moi, alors ça irait vite.
Effectivement, même pas dix minutes après, je me trouvais adossé au petit comptoir.
-Hello Jessika.-Tom bonjour.
Je lui faisais passer les billets et les cartes d'identités ainsi que nos deux sacs à dos. Elle attrapa les sacs, les installa sur le tapis qui chargeait l'avion.
Entre les billets, j'avais inséré un petit message, rien de bien méchant mais quand elle s'en aperçut, son teint vira rouge.
-Tom...
-Appelle-moi. Ça ne mange pas de pain, et je te promets encore mieux.- ...Ok, ok. Bon, aller, bon voyage.
-Merci Jessika.Je filais retrouver ma mutti qui m'attendait devant la file d'embarquement. Elle fronça les sourcils et nous embarquions silencieusement.
Je m'installais près du hublot et elle du côté de l'allée, elle n'aimait pas regarder par la vitre, ça lui donnait le vertige.
-Alors, elle t'a dit oui ?- Mutti ! Pour qui me prends-tu ?-Pour le digne fils de ta mère... Justement !
-Sois fier de moi alors !-Mais je suis fier de toi mon c½ur...Je lui fis mon plus tendre sourire et elle me prit dans ses bras. Il y en avait en tout et pour tout, une heure de vol, ce qui nous faisait arriver à dix heures à Leipzig.
Là bas, la première chose que nous fîmes, c'est de réserver une petite voiture de location, et oui, nous ne sommes pas fidèles à notre 'Wilhelmine'.
Comment chercher une aiguille dans une botte de foin ? Et bien, je vous répondrais avec un aimant.
Je sais très bien que l'on n'aimante pas n'importe quoi, et encore moins n'importe qui. C'est pour ça que je me trimballe avec un dessin et un grand sourire.
Ce dessin, c'est Svea qui l'a fait, suite à un rêve que j'ai fait. Et je suis certaine que la personne représentée est celui qui se mêle de mes sentiments.
J'interpelle les gens dans la rue, leur montrant le dessin et je leur demande s'ils ne connaissent pas le modèle original.
Kannst ja mal überlegen?